FONDS D’URGENCE COVID-19 DANS LE SECTEUR COMMUNAUTAIRE : UNE AIDE GOUVERNEMENTALE D’APPOINT APPRÉCIÉE, MAIS INSUFFISANTE SELON LES GROUPES DE DÉFENSE DE DROITS

Montréal, le 21 septembre 2020 – Le Regroupement des organismes de défense collective des droits (RODCD) accueille favorablement l’annonce d’un fonds d’urgence par le ministre Jean Boulet, bien que les besoins des groupes de défense des droits s’élèvent au-delà des sommes annoncées.

« Cette somme vient soulager une partie des organismes en défense collective des droits qui ont été actifs tout au long de la pandémie pour répondre aux besoins des groupes les plus vulnérables. Pensons aux femmes, aux prestataires de l’assurance-sociale, aux prestataires d’assurance-emploi, aux personnes LGBT. »

Marie-Andrée Gauthier, co-porte-parole du RODCD et coordonnatrice du Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ)

L’aide gouvernementale demeure néanmoins insuffisante pour répondre aux besoins immédiats des organismes en défense de droits. Ce fonds compense en fait qu’une portion des pertes de revenus des derniers mois. En consultant ses membres en avril dernier, le RODCD a plutôt évalué que le manque à gagner en raison de la pandémie s’élevait à 3,3 millions.

Depuis l’état d’urgence décrété en mars dernier par le gouvernement du Québec, les organismes en défense collective des droits contribuent à atténuer les conséquences sociales liées à la pandémie et à assurer le respect des droits de la personne. La crise a engendré plusieurs contrecoups : dépenses supplémentaires des organismes, manque de bénévoles et pertes de revenus pouvant notamment mener à des mises à pied.

« En temps normal, les sommes reçues à chaque année ne répondent pas aux besoins des organismes en défense des droits et de la population. Imaginez avec la COVID-19… seule une augmentation significative du financement de base permettra aux groupes de faire face aux défis actuels et à venir. »

Jana Tostado de Loizaga, co-porte-parole du RODCD et coordonnatrice à la vie associative et à l’éducation populaire autonome du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MEPACQ)

Pour assurer la viabilité des organismes et assurer la défense collective des droits de la population, le RODCD revendique toujours un rehaussement de 30 millions dans le programme Promotion des droits du SACAIS.

Faits saillants

Les organismes en défense collective des droits sont financés en majeure partie par le programme « Promotion des droits » du Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS), lequel est sous la responsabilité du Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Solidarité Sociale (MTESS).

La somme annoncée de 2 millions pour les organismes communautaires reconnus et financés par le Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS) vise à combler les pertes financières des organismes liées à l’impossibilité de tenir des activités d’autofinancement dans le contexte de la crise sanitaire.

44% des groupes qui ont répondu à notre consultation dans les débuts de la pandémie ont indiqué que la crise a engendré des dépenses supplémentaires. Ces dépenses ne sont pas visées par le fonds d’urgence.

36% des groupes répondant à notre consultation ont indiqué que la crise a engendré des pertes de revenus. 31% indiquaient une perte de revenus d’autofinancement.

À propos du RODCD

Le Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD) rassemble des organismes et des regroupements nationaux, représentant près de 350 organismes sans but lucratif. Sa mission est de revendiquer une plus grande reconnaissance et un meilleur financement des groupes en défense collective des droits. Ces organismes œuvrent dans plusieurs secteurs : droits des femmes, droit au logement, droit à un revenu décent, droits des travailleuses et des travailleurs, droit des personnes ainées, droit à une société non discriminatoire, droit à un environnement sain, etc.